Un ingénieur déterminé et inspirant: Charles O’Neil

Anne-Marie Tremblay
Journaliste
2023

À peine trois ans après avoir obtenu son titre d’ingénieur, Charles O’Neil est devenu chef de division – génie, à la Ville de Vaudreuil-Dorion, poste que le jeune homme de 35 ans occupe depuis 2021. Un défi taillé sur mesure pour ce curieux de nature qui lui permet de toucher tant aux aspects techniques que politiques et budgétaires des projets.

 

« Actuellement, je gère dix chantiers de construction, dont un de 11 M $, j’ai 13 projets en conception et j’ai sous mon aile une équipe de plusieurs techniciens dévoués. Je m’implique aussi dans différents comités, sans compter la conciliation entre ma vie professionnelle et familiale, puisque j’ai une petite fille de deux ans et demi. Disons que je n’ai pas beaucoup de temps libres ! », lance Charles O’Neil.

 

Une intensité à l’image de son parcours, alors qu’après sa technique en génie civil, il enchaîne avec un baccalauréat et une maîtrise en génie de la construction à l’École de technologie supérieure (ÉTS). Très tôt, Charles O’Neil réalise qu’il a besoin d’autonomie dans son travail. C’est ce qui l’incite à s’inscrire à la maîtrise en administration des affaires (MBA), puis à entreprendre une certification en gestion de projet du Project Management Institute (PMI).

 

« Plusieurs personnes m’avaient déconseillé d’entreprendre un MBA parce que je n’avais pas beaucoup d’expérience. Mais, comme je n’avais pas encore d’enfant et que je savais que je voulais fonder une famille, je trouvais que c’était le bon moment. Et je pense que cette décision a fait une différence pour décrocher mon poste actuel à la Ville de Vaudreuil-Dorion. »

 

Façonner le paysage urbain
Une carrière en pleine effervescence pour le jeune homme qui, dans sa jeunesse, rêvait plutôt de devenir… joueur de hockey professionnel. « Disons que j’aime beaucoup le hockey, mais que je n’avais pas le talent pour y faire carrière », raconte-t-il. Conseillé par un orienteur, il décide donc de suivre les traces de son père, lui-même ingénieur. Or, c’est vraiment pendant ses stages que le déclic se fait et qu’il réalise qu’il a trouvé sa voie. « Ces premières expériences m’ont fait prendre conscience de la complexité et de l’importance du rôle des ingénieurs dans la société. » De quoi satisfaire son besoin d’apprendre et de comprendre le monde.

 

Au fil du temps, Charles O’Neil réalise aussi l’influence qu’ont les ingénieurs en infrastructures sur le paysage urbain, ce qui lui donne envie de se spécialiser dans cette branche. « Quand tu mets le pied à l’extérieur de la maison, tu réalises à quel point les infrastructures sont présentes, que ce soit les égouts pluviaux et sanitaires, le réseau d’aqueduc, les systèmes d’éclairage, les feux de circulation, les ponts, les saillies de trottoir pour limiter le temps de traverse des piétons, etc. Quand on ne travaille pas dans ce domaine, on ne s’en rend pas nécessairement compte, mais il y a plusieurs raisons qui font en sorte que c’est conçu de cette manière. »

 

Ses expériences de travail, comme stagiaire puis comme ingénieur en infrastructures, le préparent aussi à gérer des travaux municipaux d’envergure. Après sa maîtrise en génie, il est rapidement recruté par la firme EXP, et travaille au bureau de projet de la Société de transport de Montréal (STM), plus spécifiquement sur le prolongement de la ligne bleue du métro. En 2020, il se joint au bureau lavallois de la multinationale WSP, où il pilote entre autres plusieurs dossiers de construction de maisons des aînés.

 

« L’opportunité de travailler dans une municipalité me permettait d’avoir plus de responsabilités et d’autonomie dans mes fonctions. »

 

Retour aux sources
Originaire de Salaberry-de-Valleyfield, Charles O’Neil voulait se rapprocher de sa famille avant la naissance de sa fille. Il est alors contacté par un recruteur pour le poste de chef de division – génie, à la Ville de Vaudreuil-Dorion. Une offre qui arrive à point nommé. « L’opportunité de travailler dans une municipalité me permettait d’avoir plus de responsabilités et d’autonomie dans mes fonctions. J’aime être au cœur des décisions et c’est le cas maintenant. » Aujourd’hui, son rôle va de la conception de plans et devis jusqu’à la surveillance de chantiers, en passant par la planification. C’est d’ailleurs l’un des aspects – la planification – qu’il préfère dans son poste actuel. « J’aime aussi le fait que, au-delà de l’aspect technique des dossiers, je doive aussi tenir compte d’autres facteurs, comme le budget, les relations avec les citoyens ou la dimension plus politique. » Ces projets permettent aussi d’améliorer la qualité de vie des citoyens, alors que la Ville mise beaucoup sur le transport actif, donne-t-il en exemple. La construction de l’hôpital de Vaudreuil-Soulanges, un mégaprojet, occupe aussi beaucoup de son temps.

 

1.Charles O’Neil et une collègue consultant les plans d’une station de pompage. © Ville de Vaudreuil-Dorion

2.Charles O’Neil, ing. devant le site du futur hôpital de Vaudreuil-Soulanges. © Ville de Vaudreuil-Dorion

3. Début des travaux pour la future hôpital de Vaudreuil-Soulanges. © Ville de Vaudreuil-Dorion

Tabler sur les forces de chacun fait aussi partie du quotidien du gestionnaire. « C’estun peu ce qu’on apprend en gestion deprojet, c’est-à-dire à s’entourer des bonnespersonnes. Je dois collecter les bonnes informations, les vulgariser, les transmettre et déléguer. Travailler en complémentarité permet de couvrir tous les angles pour que les projets soient bien menés, au bénéfice des citoyens. » Et, comme au hockey, Charles O’Neil apprécie aussi l’esprit qui règne dans son équipe de travail. « La chimie, les échanges et l’ambiance entre collègues, c’est important pour moi. » C’est aussi l’une des raisons qui l’ont poussé à devenir membre du conseil d’administration de l’Association des ingénieurs municipaux du Québec (AIMQ). « C’est vraiment l’instance parfaite pour favoriser les échanges entre les ingénieurs de différentes villes au Québec. » Une façon pour lui de s’enrichir professionnellement. Et, pour se ressourcer, le jeune homme se rend au chalet familial pour effectuer quelques travaux. « Travailler physiquement me permet de me changer les idées. Je suis aussi en contact avec la nature. » De quoi reprendre des forces pour concilier mégachantiers et vie familiale !

 

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