JEAN MATTE, B. SC. GÉNIE CIVIL

Jean Matte: 40 ans au service du monde municipal

Réjean Vigneault, Ing. MAP
Président
2026

Rencontre entre Réjean Vigneault, ing. MAP, président de l’Association des ingénieurs municipaux du Québec (AIMQ) et Jean Matte, directeur général de l’Association des directeurs généraux des municipalités du Québec (ADGMQ)

Jean Matte
Directeur général de l’Association des directeurs
généraux des municipalités du Québec (ADGMQ)


RV
Bonjour M. Matte, et merci d’avoir accepté notre invitation à échanger avec nous au sujet de votre parcours professionnel et de la profession d’ingénieur·e municipal·e.

JM
Tout le plaisir est pour moi. Je suis ravi de prendre part à cet exercice, qui m’amène à faire un retour sur une période importante de ma carrière professionnelle.

RV
D’entrée de jeu, pouvez-vous nous résumer votre carrière ?

JM
En 1972, j’ai obtenu un diplôme en génie civil de l’Université Laval. Peu de temps après, j’ai été embauché à la Ville de Rimouski à titre d’ingénieur municipal.

En 1974, j’ai été promu directeur du Service génie-travaux publics, puis, en 1997, j’ai été nommé directeur général de la Ville, poste que j’ai occupé pendant 15 ans, jusqu’en 2012. En 2013 et en 2014, j’ai travaillé à titre de conseiller sénior à la Direction générale de cette même Ville.

Depuis 2015, je suis directeur général de l’Association des directeurs généraux des municipalités du Québec (ADGMQ).

Mon parcours m’a donc permis de voir le milieu municipal sous différents angles, tant techniques qu’administratifs.

RV
À l’époque, quels étaient les principaux enjeux de la profession d’ingénieur·e municipal·e ?

JM
À l’époque où j’étais président de l’AIMQ, en 1979 et en 1980, l’un de nos grands objectifs était d’encourager les municipalités à embaucher des ingénieur·e·s et à reconnaître la valeur ajoutée de leur expertise.

Nous souhaitions également que la fonction d’ingénieur·e municipal·e soit reconnue dans la Loi sur les cités et villes. Enfin, le conseil d’administration travaillait activement à accroître le rayonnement de l’AIMQ.

Il fallait encore démontrer clairement l’importance stratégique de l’ingénieur·e au sein de l’appareil municipal.

RV
Y a-t-il une réalisation dont vous êtes particulièrement fier ?

JM
Dans ma carrière d’ingénieur, je suis particulièrement fier des marques de reconnaissance attribuées par mes pairs au sein de l’AIMQ.

J’ai eu l’honneur d’être lauréat du prix Ingénieur municipal de l’année 1990. J’ai également remporté le prix Génie Méritas en 1995 pour la réalisation d’un projet de réfection d’une écluse puis, en 1997, pour un projet de réaménagement d’un secteur important de la ville de Rimouski.

Cela dit, ces distinctions sont avant tout le fruit d’un travail d’équipe. Je suis très reconnaissant à l’égard de mes collègues de travail de l’époque, car sans leur dynamisme, leur engagement et leur sens des responsabilités, ces projets n’auraient pas connu un tel degré de réussite. C’est une fierté que je partage pleinement avec eux.

RV
Selon vous, quels sont aujourd’hui les enjeux majeurs de la profession d’ingénieur·e municipal·e ?

JM
Les responsabilités des ingénieur·e·s municipaux se sont considérablement élargies. Aujourd’hui, les ingénieur·e·s municipaux doivent intégrer le développement durable et l’innovation à toutes les étapes d’un projet : planification, conception et entretien des infrastructures urbaines.

Les ingénieur·e·s municipaux sont aussi appelés à diriger des équipes multidisciplinaires et à présenter leurs projets à des parties prenantes variées – élu·e·s, citoyen·ne·s, groupes concernés – dans un contexte où l’information circule rapidement et où les attentes sont élevées.

Plus que jamais, le personnel en ingénierie municipale doit exceller dans la vulgarisation de ses projets et de ses solutions. Savoir expliquer des enjeux techniques complexes de manière claire et accessible est un impératif.

RV
En terminant, si vous aviez un conseil à donner à un·e jeune ingénieur·e municipal·e, quel serait-il ?

JM
Je lui en donnerais plusieurs.

Je lui dirais d’abord d’être constamment à l’affût des développements technologiques. Le domaine évolue rapidement et il faut évoluer avec lui.

Ensuite, je l’inviterais à développer et à entretenir de façon continue un solide réseau professionnel. Les échanges et les collaborations sont essentiels dans le milieu municipal.

Je lui dirais aussi d’être toujours conscient·e des impacts de ses projets sur la population desservie. Derrière chaque infrastructure, il y a des citoyen·ne·s.

Enfin, je lui recommanderais de développer son sens politique. Comprendre les dynamiques décisionnelles et les réalités du milieu municipal est un atout majeur pour mener ses projets à terme avec succès.

RV
Selon vous, quels sont aujourd’hui les enjeux majeurs de la profession d’ingénieur·e municipal·e ?

JM
Les responsabilités des ingénieur·e·s municipaux se sont considérablement élargies. Aujourd’hui, les ingénieur·e·s municipaux doivent intégrer le développement durable et l’innovation à toutes les étapes d’un projet : planification, conception et entretien des infrastructures urbaines.

Les ingénieur·e·s municipaux sont aussi appelés à diriger des équipes multidisciplinaires et à présenter leurs projets à des parties prenantes variées – élu·e·s, citoyen·ne·s, groupes concernés – dans un contexte où l’information circule rapidement et où les attentes sont élevées.

Plus que jamais, le personnel en ingénierie municipale doit exceller dans la vulgarisation de ses projets et de ses solutions. Savoir expliquer des enjeux techniques complexes de manière claire et accessible est un impératif.

RV
M. Matte, merci pour votre générosité, votre disponibilité et pour ces réflexions éclairantes.

JM
Merci à vous. Ce fut un réel plaisir d’échanger avec l’AIMQ et de revenir sur ces années en ingénierie municipale.

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