L’appel du génie municipal de Charles Damian

2025

Chez Charles Damian, la vocation pour le génie municipal semble avoir toujours été présente. Dès son enfance, il rêvait déjà de bâtir les villes de demain. Un chemin duquel il n’a pas bifurqué. Aujourd’hui trentenaire, il occupe le poste de directeur de l’ingénierie à la municipalité régionale de comté (MRC) des Maskoutains. « Je me suis taillé une place dans un domaine qui me passionne et c’est très motivant !

C’est simple : pour Charles Damian, devenir ingénieur n’a jamais fait de doute dans son esprit. « Dès la fin de mon secondaire, j’avais une idée très précise de ce que je voulais faire. Pourtant, je ne viens pas d’une lignée d’ingénieur·e·s, mais d’une famille d’enseignant·e·s, raconte-t-il. Mais j’ai toujours adoré construire des choses. » Porté par cette passion, il s’inscrit à l’École de technologie supérieure (ÉTS), où il obtient un baccalauréat en génie de la construction en 2012.

Par un heureux hasard, une toute nouvelle maîtrise en gestion des infrastructures urbaines est lancée alors que Charles Damian est finissant. Il fait donc partie de la première cohorte à avoir amorcé ce diplôme de deuxième cycle. « Comme je savais que je voulais exercer en génie municipal, cette possibilité est arrivée à point nommé dans mon parcours ! »

« Mon baccalauréat m’a permis de toucher à plusieurs aspects du génie civil, comme la géotechnique, ou la structure, enchaîne-t-il. Après ce survol, j’avais envie d’approfondir mes connaissances, de me spécialiser. Et, comme j’étais déjà convaincu de vouloir poursuivre mes études, je préférais obtenir un diplôme de deuxième cycle avant d’arriver sur le marché du travail et, éventuellement, devoir concilier vie professionnelle, études et famille. »

 

Faire ses classes au privé

Diplôme en poche, Charles Damian arrive dans un marché du travail encore secoué par la Commission Charbonneau. En effet, en 2014, les emplois liés au domaine municipal se font encore rares. C’est pourquoi il forge ses premières expériences au sein d’une entreprise de conception et de fabrication de quais flottants en aluminium. « J’ai adoré mon passage là-bas, mais j’avais fait ma maîtrise en infrastructures urbaines, un domaine qui me passionnait. Même si cette expérience était formatrice, je ne me voyais pas y faire carrière le reste de ma vie. »

En 2018, une opportunité s’ouvre chez FNX-INNOV (aujourd’hui Artelia Canada), où il devient chargé de projets en infrastructures urbaines. Deux ans plus tard, il fait le saut en milieu municipal : il est recruté par la MRC des Maskoutains comme gestionnaire, avant d’y devenir directeur de l’ingénierie.

Charles Damian apprécie notamment la polyvalence de son poste. « Le sentiment de redonner à la communauté est également fort dans le domaine municipal, note-t-il. Contrairement à une firme de génie-conseil, notre objectif n’est pas de générer des profits, mais d’utiliser chaque dollar le plus efficacement possible au service des 14 municipalités desservies par la MRC. » Un aspect de son travail qui le motive particulièrement.

1, Reconstruction du réseau pluvial sur la rue Saint-Germain à Saint-Hugues, au cœur d’infrastructures existantes.

2.Travaux de reconstruction du 4e Rang à Sainte-Hélène-de-Bagot : mise en place du pavage, étape clé vers la fin du chantier.

 

Moderniser les outils, améliorer les services

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dès son embauche, Charles Damian s’est attaqué à l’optimisation et à la modernisation des différents outils en place dans la MRC. « Je venais d’une firme de génie où les systèmes étaient très performants. Quand je suis arrivé, il fallait donner un grand coup de barre pour mettre à niveau nos façons de faire et, par le fait même, augmenter la qualité de nos services aux municipalités. » Ce processus d’amélioration continue est toujours en cours, ajoute-t-il.

Parmi les projets qui rendent l’ingénieur particulièrement fier figure la réalisation d’un plan d’intervention sur les routes locales. Il a encadré ce projet, alors que son équipe a dressé un portrait fidèle de l’état des routes et ensuite établi des priorités claires sur les actifs de voirie. « Au départ, le conseil des maires était un peu réfractaire à cette idée, mais nous avons réussi à les convaincre d’aller de l’avant, pour le bien-être de la collectivité », se souvient-il. Grâce à cette planification, les municipalités de la MRC des Maskoutains peuvent aujourd’hui obtenir des subventions gouvernementales ciblées pour améliorer la santé de son réseau artériel.

Charles Damian travaille aussi sur la mise à jour du Règlement régissant les matières relatives à l’écoulement des eaux des cours d’eau de la MRC des Maskoutains. « Plusieurs éléments étaient caduques avec l’adoption de la nouvelle loi sur la qualité de l’environnement, qui a été adoptée après le règlement. J’ai beaucoup insisté pour que nous puissions travailler avec des experts en environnement sur ces éventuelles modifications. Il était important pour moi de disposer d’une cartographie permettant une saine gestion des eaux pluviales pour les constructions existantes et futures. »

 

Briser l’isolement

Aujourd’hui, Charles Damian gère une équipe de cinq personnes, dont un ingénieur. Or, ils n’étaient que deux au service d’ingénierie à son embauche. « Je me sentais un peu seul au monde en tant qu’ingénieur, alors que j’étais habitué à travailler dans une firme de génie-conseil comptant 1000 employés. Si j’avais une question, c’était facile de me référer à un collègue. Tandis qu’à la MRC, ta seule référence, ou presque, c’est l’Ordre des ingénieurs du Québec. »

Pour briser cet isolement, Charles Damian a décidé de s’impliquer à l’AIMQ. En 2024, l’ingénieur a même pris la responsabilité de la communauté de pratique destinée aux ingénieur·e·s œuvrant au sein des MRC, qui compte une quinzaine de participant·e·s. « Cela nous permet d’ouvrir les yeux sur ce que font les autres pour s’inspirer ou, au contraire, pour ne pas reproduire leurs erreurs. » Ces échanges lui ont permis de trouver non seulement des réponses techniques, mais aussi un véritable réseau de collègues partageant les mêmes défis que lui. Il en va de même avec les différents événements organisés par l’AIMQ, qui touchent directement le domaine du génie municipal.

Aujourd’hui, Charles Damian semble avoir trouvé son équilibre. Papa de deux enfants de 4 et 7 ans, il apprécie la flexibilité que lui offre la MRC. « Mes horaires sont complémentaires à ceux de ma conjointe, ce qui facilite notre quotidien. » Entre défis professionnels et vie de famille, il garde la même passion qu’à ses débuts : bâtir des milieux de vie durables et humains.

 

 

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