Le travail des ingénieur.es municipaux est en pleine transformation. Entre l’entretien des infrastructures vieillissantes, la gestion des ressources limitées et l’optimisation de la mobilité urbaine, les défis sont nombreux. Et si l’intelligence artificielle (IA) pouvait devenir un véritable allié pour relever ces défis ?
En fait, ce n’est pas pour rien que de nombreuses municipalités à travers le monde tirent déjà profit de l’IA en l’utilisant à des fins de planification urbaine, d’optimisation de la maintenance des infrastructures et pour optimiser la gestion des services publics.
Maintenance prédictive : le pouvoir d’anticiper plutôt que de réparer
On le sait, l’entretien des infrastructures coûte cher, et attendre qu’une route, un pont ou un réseau d’aqueduc se détériore avant d’intervenir entraîne des dépenses colossales. Heureusement, l’IA permet aujourd’hui d’adopter une approche proac tive grâce à la maintenance prédictive.
En ayant recours à des capteurs et caméras, l’IA permet de détecter et prévenir les dégradations (fissures, anomalies, etc.) des infrastructures. Cela permet de faire des interventions préventives qui prolongent la durée de vie des infrastructures tout en renforçant la sécurité des travailleur.ses et citoyen.nes. Certaines études vont jusqu’à dire que la durée de vie des ponts pourrait augmenter de 30 % en ayant recours à l’IA et la maintenance prédictive. Une belle preuve que l’investissement en vaut la chandelle !
Mobilité et gestion du trafic : comment réduire significativement la congestion
Les embouteillages représentent un défi majeur pour de nombreuses municipalités au Québec. Pourtant, l’IA a fait ses preuves dans ce domaine, car de nombreuses municipalités ont déjà partagé publiquement comment l’IA leur a permis de fluidifier la circulation en plus d’optimiser les transports publics.
Un exemple frappant est celui de Boston, qui figurait parmi les 10 municipalités les plus congestionnées au monde en 2023. Grâce au projet Green Light piloté en collaboration avec Google, l’IA a permis d’optimiser la durée et la synchronisation des feux de circulation dans les zones les plus engorgées, réduisant ainsi de 50 % les arrêts et redémarrages fréquents en heure de pointe. Cette amélioration ne se limite pas au bonheur des automobilistes : elle contribue aussi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, rendant ainsi la municipalité plus verte.
Quand on parle de mobilité, il faut également se pencher sur la gestion des transports publics. Grâce à l’IA, il est possible de prédire la demande de transport, afin de pouvoir ajuster les horaires d’autobus en fonction des besoins réels. On peut même aller plus loin en suggérant des trajets alternatifs en temps réel pour contourner la congestion.
Avec plus de 4000 autobus qui roulent en moyenne 16 heures par jour, le Royaume-Uni est un bel exemple de casse-tête quand vient le temps de gérer les horaires. En implantant de l’IA, ils ont réussi à améliorer la ponctualité de leur service de 20 % durant les heures de pointe. Auparavant, la planification des horaires se faisait manuellement et, en raison de sa complexité, elle n’était ajustée que trois fois par an. Grâce à l’IA, ils sont désormais beaucoup plus agiles et peuvent même faire des ajustements en temps réel pour éviter que plusieurs autobus du même circuit arrivent simultanément à un arrêt, optimisant ainsi la fluidité du réseau et l’expérience des usager.ères.
Qu’est-ce que le futur nous réserve ?
Selon le Groupe de la Banque Mondiale, 56 % de la population mondiale réside présentement dans des zones urbaines, un chiffre qui devrait atteindre 70 % d’ici 2050, il ne faut plus attendre et se lancer dès maintenant dans la révolution de l’IA. Cette croissance urbaine impose des défis majeurs, notamment en matière de mobilité, de durabilité et de résilience.
Loin d’être une technologie futuriste, l’IA est déjà en train de transformer le travail des ingénieur.es municipaux. Elle offre des outils concrets pour améliorer la planification urbaine, réduire les coûts d’entretien des infrastructures, fluidifier la circulation et mieux gérer les ressources.
Pour les ingénieur.es municipaux, il ne s’agit pas de remplacer leur expertise, mais bien de l’enrichir avec des outils capables d’analyser des milliards de données en un clin d’œil.