Pour Pierre-Olivier Kwemi, le travail d’ingénieur va bien au-delà des chiffres et des calculs. C’est une profession qui revêt une dimension humaine importante. Être au service des citoyen.nes est non seulement une préoccupation constante pour le chef de la gestion des actifs à la Ville de Longueuil, mais une motivation quotidienne alors qu’il travaille entre autres à préparer la municipalité à résorber le déficit de maintien d’actifs et à faire face aux changements climatiques.

Âgé de 32 ans, Pierre-Olivier Kwemi a développé une solide expertise en gestion des infrastructures liées à l’eau. Tant lors de ses stages, qu’au début de sa carrière, l’ingénieur civil a alterné les postes au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) et au CERIU, le Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines. Dans les deux cas, il travaillait activement à la mise en place de la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable et du Portrait des infrastructures en eau des municipalités du Québec.
Ces expériences ont non seulement modelé le fil de la carrière de ce diplômé de Polytechnique Montréal depuis 2016, mais lui ont aussi ouvert les yeux sur les enjeux liés à l’eau potable, parfois méconnus. « Au Québec, l’eau potable est abondante, mais c’est une ressource qui n’est pas inépuisable, contrairement à ce qu’on pourrait croire, explique-t-il. De la même manière, ce n’est pas gratuit. Pour être capable de remplir son verre d’eau, ou même de tirer la chasse d’eau, il faut installer des conduites, les réparer, faire fonctionner les stations d’épuration. » Et, poursuit-il, les villes constituent un important maillon pour assurer une saine gestion du service de l’eau, objectif derrière la stratégie gouvernementale.
« Ce qui m’a vraiment marqué, c’est le fait qu’il faut non seulement bien saisir les enjeux, mais aussi être capable de sensibiliser les différents acteurs à ces questions, poursuit l’ingénieur. Car oui, il y a des chiffres, mais il faut savoir les expliquer. Pour susciter l’adhésion, il faut être capable de vulgariser l’information. »
Lorsqu’il travaillait pour le MAMH, Pierre-Olivier Kwemi s’est d’ailleurs rendu jusqu’à Chapais et Chibougamau pour expliquer en détail la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable.
« Lors de la tournée régionale de formation, il y eu jusqu’à 150 personnes dans une salle, ce qui était très intimidant au début. Mais j’ai vraiment apprécié le fait d’aller à la rencontre des gens. J’ai réalisé à quel point il était important pour moi de travailler au service des citoyens et des citoyennes. »
Un poste taillé sur mesure
Après un bref passage au Groupe-conseil Génipur et une maîtrise en gestion des infrastructures urbaines à l’École de technologie supérieure (ÉTS), Pierre-Olivier Kwemi apprend que la Ville de Longueuil recherche un.e spécialiste en gestion des actifs.
« Quand j’ai vu le titre du poste, ça m’a vraiment allumé, explique-t-il. Je lisais la description de tâches et ça tombait directement dans mon champ de compétences et mes intérêts. »
Depuis son entrée en poste en 2022, l’ingénieur est responsable de la gestion des conduites d’eau potable et d’égouts, des chaussées et des stationnements de compétence locale et de l’agglomération. Un travail concret qui rejoint ses valeurs.
Parmi les dossiers qui le rendent le plus fier, la mise à jour de la programmation de travaux à soumettre dans le cadre du programme de la taxe sur l’essence et de la contribution du Québec (TECQ) figure en haut de la liste. Comme il y avait eu beaucoup de changements de personnel, il fallait reprendre l’exercice, explique-t-il.
« Je connaissais bien le dossier et c’est l’une des raisons de mon embauche. Finalement, je suis vraiment fier puisque nous avons réussi à obtenir la contribution gouvernementale initialement prévue, soit 115 millions de dollars, pour le maintien des actifs en eau. »

S’adapter aux changements climatiques
Pierre-Olivier Kwemi participe aussi au comité de résilience aux fortes pluies. Un dossier qui lui tient particulièrement à cœur, alors que les épisodes de pluies diluviennes sont de plus en plus fréquents.
« C’est un enjeu très important et, avec le comité, j’ai vraiment une influence pour que nous prenions la bonne direction pour y faire face. »
Un sujet délicat, qui demande à la fois de sensibiliser les acteur.trices, mais aussi de faire preuve d’empathie.
« Nous organisons parfois des rencontres citoyennes et il y a des moments très émotifs puisque les conséquences de ces pluies peuvent être importantes sur les résidences des citoyens. Devant de telles situations, cela donne envie de mettre les bouchées doubles pour régler ces problèmes le plus vite possible, malgré tous les défis que cela comporte. »
Son travail lui demande aussi d’être capable de bien vulgariser les enjeux, tant auprès des citoyen.nes que des élu.es.
« Comme les veines et les artères dans le corps, le réseau de conduites d’eau joue un rôle essentiel dans la bonne santé de la ville », compare-t-il. Il faut donc savoir convaincre les élu.es du bien-fondé de ne pas laisser un déficit d’entretien se creuser.
« Mon travail consiste non seulement à sonner l’alarme sur les conséquences du déficit d’entretien, mais aussi à présenter des solutions, car il existe plusieurs programmes d’aide financière permettant de financer une partie de ce type de travaux. »
Un parcours qui a d’ailleurs valu à Pierre-Olivier Kwemi de recevoir le prix de la relève, remis par l’Association des ingénieurs municipaux du Québec (AIMQ) en 2024. Il s’est mérité cette distinction pour son intérêt à servir l’intérêt public, pour son implication auprès du CERIU et pour son cheminement professionnel.
S’impliquer pour redonner à sa communauté professionnelle
Aujourd’hui, le jeune ingénieur s’implique au sein de différentes organisations, comme Réseau Environnement ou le CERIU, où il participe entre autres à des panels en tant qu’expert ou agit comme formateur sur la gestion de l’eau.
S’engager auprès de l’AIMQ, alors qu’il siège au conseil d’administration, en plus de coordonner une communauté de pratiques en gestion des actifs, allait aussi de soi pour lui.
« Ces groupes permettent de mettre en commun nos expériences, ce qui est très enrichissant. »
Malgré un horaire chargé, Pierre-Olivier Kwemi réussit tout de même à trouver du temps pour jouer au basketball, aller au cinéma ou s’occuper de ses neveux et nièces.
« Je me considère vraiment privilégié d’être si bien entouré, mais aussi d’avoir un travail qui me comble ! »