Qu’elle chante, court ou planifie des travaux de réfection à la Ville de Drummondville, l’ingénieure municipale Julie René cherche toujours à repousser les limites et à donner le meilleur d’elle‑même. Cette attitude en fait l’une des leaders en gestion des infrastructures au Québec. Rencontre avec une femme qui ose.

Les égouts ne sont pas un sujet qui soulève l’enthousiasme dans une discussion entre amis. Pourtant, Julie René, chef de division de la gestion des infrastructures et de la planification à la Ville de Drummondville, pourrait en parler pendant des heures. Depuis l’obtention de son baccalauréat en génie civil à l’Université de Sherbrooke en 1994, elle n’a jamais cessé de vouloir apprendre sur les solutions les plus innovantes, efficaces et éthiques dans son domaine. Une passion qu’elle souhaite partager avec le plus grand nombre.
Une personnalité équilibrée et inspirante
Julie René se décrit comme un Mini‑Wheat : un côté sérieux, terre à terre, pratique et discipliné, mais aussi une facette « givrée », artistique, rassembleuse et démonstrative. Pour elle, l’équilibre est la clé pour motiver son équipe, éveiller leur curiosité et leur donner envie d’accomplir beaucoup avec peu.
Ces qualités, combinées à son aisance à travailler en équipe, ont fait d’elle une figure importante dans le domaine de la gestion des infrastructures au Québec. En plus de piloter des projets de réfection d’envergure, elle est très impliquée au CERIU, où elle a notamment mis sur pied la formation L’ABC du génie municipal destinée aux jeunes ingénieurs, et participe au comité permanent sur les infrastructures souterraines.
Elle se rend aussi dans les écoles secondaires et les cégeps pour faire découvrir le métier d’ingénieur municipal. « Les gens connaissent peu notre travail et le perçoivent parfois négativement à cause des impacts des travaux sur leur quotidien. J’ai envie de changer cette perception. »
C’est d’ailleurs l’une des raisons qui l’ont poussée à siéger au conseil d’administration de l’AIMQ.

1. En 2022, Julie René a pris part à La boucle du Grand défi Pierre Lavoie à vélo; un parcours de 130 km.
2. Grande amatrice de chant, Julie René a interprété le rôle principal de la comédie musicale Mamma Mia !, à Drummondville. © Productions Alfred
3. Le projet de la rue Lindsay a exigé des travaux d’archéologie, d’enfouissement, de réfection et de réaménagement. © Ville de Drummondville
Des détours formateurs
À la fin de ses études, la fin des programmes d’assainissement des eaux usées au Québec a frappé durement le marché de l’emploi. Après un an et demi à travailler dans un bar — sans avoir « jamais tenu de cabaret de sa vie » — elle obtient un premier contrat dans une petite entreprise d’excavation. Elle y restera dix ans, acquérant une quantité phénoménale de connaissances qui lui servent encore aujourd’hui.
En 2005, elle apprend l’ouverture d’un poste d’ingénieur municipal à Drummondville. Son premier mandat : mettre en place un plan d’intervention pour une meilleure gestion des infrastructures d’eau potable et d’égout. « C’était un gros morceau, mais j’étais prête. Après des années dans une culture axée sur les performances et les profits, j’avais envie de tourner mon expertise vers le service aux citoyens. »
Depuis, elle planifie, inspecte, recommande, jongle avec une multitude de contraintes, souvent dans l’ombre, pour offrir aux Drummondvillois des infrastructures pérennes, au meilleur coût et avec un minimum d’impacts.
Plonger dans l’inconnu
Parmi ses projets marquants, le réaménagement de la rue Lindsay a exigé adaptation, flexibilité et discipline. Situé près d’une rivière, le site comportait des enjeux archéologiques et patrimoniaux importants. Les sols révélaient des traces d’occupation autochtone et du développement initial de la ville.
Elle a ensuite planifié des travaux d’enfouissement, de réfection des infrastructures et de remplacement des conduites d’eau potable et d’égout. Des avancées de trottoir, des îlots de plantation et des traverses piétonnes plus visibles ont été aménagés. Le concept vise à réduire la vitesse automobile, augmenter les surfaces perméables et diminuer les îlots de chaleur.
Une ingénieure qui carbure aux défis
Julie René compare souvent l’ingénieur municipal à une pieuvre : polyvalent, gérant mille choses à la fois. Elle essaie de vivre à cette image.
À 53 ans, elle a participé à La Boucle du Grand défi Pierre Lavoie, un parcours cycliste de 130 km. Elle fait aussi partie de la chorale gospel Gospangels, avec laquelle elle a chanté à En direct de l’univers et La Voix. Le chant est sa passion depuis l’enfance. En 2017, elle a même incarné le rôle principal dans la comédie musicale Mamma Mia! à Drummondville.
« Ce n’est pas toujours évident d’essayer de nouvelles choses. Mais en vieillissant, je plonge plus facilement. La vie est trop courte. »