Un levier concret pour l’accessibilité universelle

Aménager la ville pour les personnes autistes

Marie-Josée Huot
Journaliste
2026

La planification urbaine doit intégrer une diversité croissante de besoins, dont ceux des personnes autistes. Les recherches montrent que l’environnement bâti — bruit, éclairage, lisibilité des parcours, densité des flux — peut constituer un obstacle majeur à l’usage des espaces publics par cette population.

« Les obstacles rencontrés par les personnes autistes dans la ville sont rarement liés à la condition elle-même, mais à la conception de l’environnement », souligne l’Équipe de recherche pour l’inclusion sociale en autisme (ÉRISA) de l’UQAM, qui collabore avec la Fédération québécoise de l’autisme pour diffuser ces connaissances auprès des municipalités.

Les recommandations issues de la recherche sont directement transposables aux pratiques municipales : réduire le bruit, privilégier un éclairage stable et non éblouissant, installer une signalisation claire et hiérarchiser les cheminements piétonniers. L’intégration de zones calmes dans les parcs, équipements culturels et infrastructures publiques améliore l’expérience des citoyen·e·s. Ces mesures, souvent peu coûteuses, peuvent être intégrées dès la conception ou lors de réaménagements.

La Ville de Laval illustre cette approche inclusive. Sa Politique d’accessibilité universelle et ses actions en inclusion sociale intègrent des pratiques favorables aux personnes autistes : événements à ambiance apaisée, signalisation améliorée, formation du personnel municipal et collaboration avec des organismes spécialisés. Cette démarche transversale agit sur les infrastructures, les services et l’expérience des personnes usagères.

Les aménagements conçus pour les personnes autistes bénéficient également à d’autres citoyen·ne·s : personnes aînées, enfants, personnes handicapées, mais aussi toute personne confrontée au stress ou à la fatigue. Pour les services municipaux et les ingénieur·e·s, ces principes représentent une occasion concrète d’améliorer la qualité des milieux de vie tout en répondant aux objectifs d’inclusion et de durabilité.

Bonnes pratiques pour les services d’ingénierie

• Identifier les points critiques : intersections, transports, parcs et équipements publics
• Intégrer des zones calmes : bancs éloignés, espaces ombragés, salles de repos
• Éclairage et acoustique : sources lumineuses stables, réverbérations et annonces sonores calibrées ou limitées
• Signalisation claire : panneaux visuels, cartes simples, information sur l’environnement sensoriel
• Formation du personnel : sensibilisation à l’autisme et interactions adaptées
• Participation citoyenne : consultation des personnes autistes et des familles lors de la conception et de l’évaluation
• Évaluer l’impact : questionnaires et suivi de fréquentation •

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